colore-la-vie

Quand j'étais petit, je me disais que je voulais être n'importe qui. Sauf moi.

Mardi 1er mars 2016 à 4:06

S'il y a eu de la foudre, c'est à l'intérieur de toutes les poitrines des gens autour, leur coeur en butte. S'il y a eu de la pluie, c'est pas d'hier la veille, mais d'ailleurs, là où tu avais creusé un trou plus grand que trois ans. Parce qu'il n'y a pas eu de demi souffle, d'après coup, d'avant goût. Il n'y a pas eu de demi mesure, ni de brouillon, de moitié fait, de devine de quoi on parle. S'il y a eu du vent c'est sur tes yeux, quand d'un claquement de mot t'as tout arraché comme on laisse la violence s'écraser sur les murs, déchirer les tableaux, emporter les portes, et plaquer mon coeur à froid.
S'il y a eu de la foudre c'est à l'intérieur d'un 25 carré où on pouvait y mettre trois chats, cent livres et jamais trop de mots en trop. S'il y a eu des hivers, c'était la mer à voire, les télés allumées pendant qu'on faisait l'amour et que le dernier carreau de la fenêtre se décollait. Il n'y a pa eu d'eau dans le vin, de demi teinte. Il n' y a pas eu de moment de répit, de ralenti, d'une fraction de seconde où le silence aurait pu suspendre nos corps en alerte, une photographie d'un adieu en agonie.
S'il y a eu de la foudre c'est à l'intérieur d'un coeur en cloque, quand d'un coup de tes yeux t'es devenu plus grand que le vent, et comme quand on arrête une montre, t'as froissé mon coeur à plat.
S'il y a de la foudre, c'était la dernière fois qu'on jouait à la roulette russe dans le couloir et l'on criait en pensant que l'un de nous finirait par dire je t'aime arrête arrête, pardon, reviens.

Samedi 23 janvier 2016 à 5:23

Tu vois j'ai pas changé, il parait que je tourne toujours à l'envers, que personne n'a jamais compris pourquoi quand je souris il y a quelqu'un qui crie ton nom, derrière tout, pourquoi personne n'a rien dit. Tu vois j'ai pas bougé, y a toujours trois cents pas entre toi et moi, seulement voila, des fois j'arrive plus à savoir qui est moi, et où tu es, toi. Tu vois j'ai pas parlé, j'ai fermé ma gueule , sagement, poliment, pour que tu aimes encore mon souvenir qu'à plus rien à voir avec celle que j'avais éventuellement prévu d'être Tu vois, j'ai pas râlé, je suis partie, comme il fallait, ta vie, ta nouvelle vie, tes amours et tes projets.  Tu vois j'ai pas aimé, personne n'a jamais fait bougé un cri qui valait ton nom, personne ne valait la peine de vivre à fond les poumons.

Mercredi 6 janvier 2016 à 1:07

Il va rester sur la pointe des pieds, entre le sourire de trois regrets, quelques mots et la nouvelle de la ville. Il va s'asseoir en face d'elle, comme si rien d'autre n'avait le droit d'exister, entrent ses sourires par sa joue froissée. Il va partir loin, jouer la nuit et revenir, demander à se faire attacher. Il va s'allonger, se reposer la conscience dans ses bras et murmurer le faux dans un vrai coeur qui existe encore. Il est beau et va s'amuser les soirs, il va faire le bruit de trente portes qui claquent en même temps. Il va tomber amoureux  et posera les talons trois pas en arrière pour achever un coeur qui existait encore. 

Jeudi 17 décembre 2015 à 6:28

J'accroche un peu de bruit quand ta reminiscence vient s'étendre aux couchers des nuits. Ici les premiers rendez-vous ne commencent pas sur un banc, rien n'arrive plus par hasard et j'expire la ville dans l'air humide des petits jours. Si tu t'accroches au peu de bruit qui s'entend à travers mes nuits, c'est bien parce que le vide est désormais un continent que t'as laissé il y a plus de trois cent soixante cinq jours et des poussières. J'apprend à aimer la couleur des nuits sans noirceur, l'écume sans son echo et le vent sans son odeur. J'apprend à marcher à reculons sans regarder en arrière, à être touchée sans frémir et sans jamais sentir l'ardeur de deux corps. Je laisse les pleurs aux enfants irlandais, la haine aux écorchés, et j'apprend toujours à sourire sans claquer du coeur. J'apprend le mensonge chaque nuit couchée, quand la tristesse m'en veut de l'abandonner, mais à quoi bon, le vide est désormais mon amour que t'as laissé. J'accroche un peu de bruit quand ta reminiscence vient s'étendre aux couchers des nuits, l'amour est désormais le vide que t'as laissé, si jamais je pleure encore, ne m'en veux pas, c'est rien qu'un corps qui essaie de vivre encore un peu.

Mardi 24 novembre 2015 à 4:51

Toujours quand la nuit s'achève il y'a une seconde où tu es là, ta main sur ma nuque, tu me rappelles que tout est rien quand les matins tu me vois moins bien. C'est vrai qu'elle te fait penser un peu à moi, c'est vrai tu la trouves moins jolie et au lit c'est pas pareil, mais à quoi bon, si chaque matin c'est elle que tu vois en levant tes yeux. Et ta main sur sa nuque elle n'a plus qu'à sourire, vous deux c'est du parfait, plus de verres brisés, plus de cris et de pleurs, c'est ton bonheur avant tout, quel amour mon amour. Quand la nuit s'achève il y a une seconde où tu es là, où le froid devient doux, puis chaud, jusqu'à ce qu'elle se réveille et me bascule, pour que tu ne me regrettes plus. C'est qu'une seconde où chaque matin le froid est en chacun de nous, il te traverse, te fait m'aimer encore un peu. Mon amour, moi je suis seule quand la nuit s'achève, et je remercie en pleurant celle qui t'apporte réconfort quand chaque matin, il y a une seconde où le froid est dur à regarder partir.

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