colore-la-vie

Quand j'étais petit, je me disais que je voulais être n'importe qui. Sauf moi.

Mercredi 5 avril 2017 à 6:55

Est ce qu'il faut éteindre la lumière, comme quand on quitte une pièce. Est on obligé de détester ce qui s'arrête, a-t-on encore le droit d'attendre l'autre, et lui demander de partir, est ce qu'on peut boire un verre sans que tu me ramènes chez moi, est ce qu'on peut se prendre la main si on veut que les journées s'arrêtent de craquer, comme à chaque fois qu'on monte à l'appart, a-t on changé les heures, la nuit, le bruit qu'on fait quand on se serre, est ce qu'il faut vraiment faire semblant de faire semblant, a -t on le droit de se dire qu'il faut juste oublier la morale, est ce qu'il faut claquer les portes, rater son corps avec un autre et détester ce qu'on n'aura plus, a t-on envie de sourire pour quelques temps et avons nous le droit de se mentir, est ce qu'on peut enterrer les arguments, ou est ce qu'il faut se porter une claque, jeter le jour et gratter le reste du reste, la pellicule infime des sentiments, ouvrir la fenêtre. A t-on le droit de faire semblant, d'arriver à la fin sans qu'il faille se dire tout, pleurer un bon coup, souffler et fermer la fenêtre. Est ce qu'il faut éteindre la lumière, comme quand on quitte une pièce, ou est qu'il faut vraiment quitter la pièce quand la lumière n'est pas encore éteinte. 

Mardi 4 avril 2017 à 9:34

A peu de choses près il reste l'oxygène devant une porte et demi, qui prend la place d'un balcon et sans qu'on sache quoi en faire. Il y a aussi le fiasco d'un vendredi soir, le cyanure d'une atmosphère des jours d'hier, du temps dont on raffolait, qu'on faisait courir sur nos doigts quand ils étaient pas scellés. A peu de choses près il y a la douceur de tes yeux que j'ignore, il reste les fragments du bruit qui m'affole, les effluves poivrées d'un sentiment détestable, celui d'être à peu de choses près passé à côté d'un truc géant, un truc qui s'inhale, qu'on n'oublie jamais, jamais. A peu de choses près il reste quoi, toi, moi, et trois quatre mois,  sans qu'on ai su quoi en faire, jamais. 

Jeudi 9 mars 2017 à 9:26

Et faire tout changer, la couleur des murs, les mots qui traînent en attente, dans une enveloppe déjà fermée, et faire tout arrêter, les aiguilles des horloges qu'on na jamais eu, le bruit des marches quand tu les montes, et faire tout fondre, la neige sur les trottoirs qu'on déteste, ta nostalgie quand tu fais bouger tes quatre fossettes, et faire glacer le papier des photos solo, sans nous, sans une manifestation d'amour, et faire revenir en arrière les souvenirs de nos corps, en farniente, même si tout s'y détruit à l'intérieur, et faire de nous un symbole de guerre, et faire de moi sans fois mieux, sans que tu saches que rien ne s'arrête plus depuis qu'on a perdu patience dans mon lit une place, et faire bouger l'expression de mes sentiments les plus sincères, et faire tout cramer sans essence, rien qu'à la force d'une haine pour l'amour, et faire tout, pour tout faire tomber avant l'épilogue.

Jeudi 23 février 2017 à 7:59

Dis moi, si c'était en attendant, sous l'ombrage de son souvenir, dis moi si c'est de la fatigue, si trempé de sueur tu es arrivé par hasard. Est ce que tu iras encore courir le monde, lentement, pendant que tes pensées se livrent ailleurs. Est ce qu'il y a une raison à mon hostilité, est ce qu'il faut te survivre, te demander de reculer, fermer la porte et rester en silence. Dis moi, si c'est une victoire, ou juste le bruit de deux trois mots dans cet espace qu'on ta laissé pour que tu t'amuses. Si s'aimer c'est être sourds et pauvres, se conduire comme des personnes qui veulent bien se tenir la main parce qu'ils n'arrivent pas à partir. Dis moi si sauter à deux c'est pour ne pas tomber seuls. Amoureux. D'autres. Dis moi si tu te sens encore orphelin quand ta main touche mon ventre, si t'as de la peine quand on se déteste et si je restais, si c'est pareil. Si quand l'innombrable devient plus proche, si le temps qu'il y a entre minuit et cinq heures du matin c'est juste ta nuit que j'accompagne ou si t'as envie que les journées s'arrêtent parfois. Dis moi si on est assez grands pour fuir la fin de mai et prendre le temps d'aimer les chutes qui sont invisibles dans tes yeux. Si t'as ouvert l'espace d'une vérité ou si c'est seulement pour te sentir un peu moins mort, un peu moins à côté des autres. Dis moi si tu sens le tremblement dans mes sourires quand je te mens, quand je fais semblant d'être loin de nous. 

Mardi 3 janvier 2017 à 0:31

Te déconstruire sur les sillages d'un long voyage qui n'aura jamais commencé et se demander quel bruit fait la neige que tu tapes si tu retiens rien de nous. T'embrasser sans que tu le saches quand un jour de silence en plus aurait été une réussite, te rapporter des histoires d'autrefois, belles et vaines, amours et rien. Te laisser sur un non qui veut dire oui, plus que tout, qui veut tes yeux, ta peau, et dix mots. Saccager ce qui reste d'à peu près exquis, le goût du pollen au fond de ma gorge, la tendresse d'un amour sporadique, et l'aspirine chaque matin. Te perdre dans les halles en cherchant une connexion qui existerait dans un duo dont on rigole timidement et puis, et puis maudire ma mémoire qui apporte des histoires d'autrefois, belles et vaines, amours et rien d'autre que de l'acier dans ce coeur en lutte.  

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