colore-la-vie

Quand j'étais petit, je me disais que je voulais être n'importe qui. Sauf moi.

Jeudi 9 mars 2017 à 9:26

Et faire tout changer, la couleur des murs, les mots qui traînent en attente, dans une enveloppe déjà fermée, et faire tout arrêter, les aiguilles des horloges qu'on na jamais eu, le bruit des marches quand tu les montes, et faire tout fondre, la neige sur les trottoirs qu'on déteste, ta nostalgie quand tu fais bouger tes quatre fossettes, et faire glacer le papier des photos solo, sans nous, sans une manifestation d'amour, et faire revenir en arrière les souvenirs de nos corps, en farniente, même si tout s'y détruit à l'intérieur, et faire de nous un symbole de guerre, et faire de moi sans fois mieux, sans que tu saches que rien ne s'arrête plus depuis qu'on a perdu patience dans mon lit une place, et faire bouger l'expression de mes sentiments les plus sincères, et faire tout cramer sans essence, rien qu'à la force d'une haine pour l'amour, et faire tout, pour tout faire tomber avant l'épilogue.

Jeudi 23 février 2017 à 7:59

Dis moi, si c'était en attendant, sous l'ombrage de son souvenir, dis moi si c'est de la fatigue, si trempé de sueur tu es arrivé par hasard. Est ce que tu iras encore courir le monde, lentement, pendant que tes pensées se livrent ailleurs. Est ce qu'il y a une raison à mon hostilité, est ce qu'il faut te survivre, te demander de reculer, fermer la porte et rester en silence. Dis moi, si c'est une victoire, ou juste le bruit de deux trois mots dans cet espace qu'on ta laissé pour que tu t'amuses. Si s'aimer c'est être sourds et pauvres, se conduire comme des personnes qui veulent bien se tenir la main parce qu'ils n'arrivent pas à partir. Dis moi si sauter à deux c'est pour ne pas tomber seuls. Amoureux. D'autres. Dis moi si tu te sens encore orphelin quand ta main touche mon ventre, si t'as de la peine quand on se déteste et si je restais, si c'est pareil. Si quand l'innombrable devient plus proche, si le temps qu'il y a entre minuit et cinq heures du matin c'est juste ta nuit que j'accompagne ou si t'as envie que les journées s'arrêtent parfois. Dis moi si on est assez grands pour fuir la fin de mai et prendre le temps d'aimer les chutes qui sont invisibles dans tes yeux. Si t'as ouvert l'espace d'une vérité ou si c'est seulement pour te sentir un peu moins mort, un peu moins à côté des autres. Dis moi si tu sens le tremblement dans mes sourires quand je te mens, quand je fais semblant d'être loin de nous. 

Mardi 3 janvier 2017 à 0:31

Te déconstruire sur les sillages d'un long voyage qui n'aura jamais commencé et se demander quel bruit fait la neige que tu tapes si tu retiens rien de nous. T'embrasser sans que tu le saches quand un jour de silence en plus aurait été une réussite, te rapporter des histoires d'autrefois, belles et vaines, amours et rien. Te laisser sur un non qui veut dire oui, plus que tout, qui veut tes yeux, ta peau, et dix mots. Saccager ce qui reste d'à peu près exquis, le goût du pollen au fond de ma gorge, la tendresse d'un amour sporadique, et l'aspirine chaque matin. Te perdre dans les halles en cherchant une connexion qui existerait dans un duo dont on rigole timidement et puis, et puis maudire ma mémoire qui apporte des histoires d'autrefois, belles et vaines, amours et rien d'autre que de l'acier dans ce coeur en lutte.  

Lundi 12 décembre 2016 à 1:41

Lyon a de plus en plus froid pendant qu'une foule abattue se serre sous mile lumières. Tu vois, j'ai toujours un peu peur quand on m'emmène des airs nouveaux sur une terre d'étrangers. J'ai trop peur pour monter sur un bateau sans voile et arriver la première au mauvais endroit. J'ai trop peur pour construire un palais de sable juste avant que la marée ne monte, pour allumer la lumière et aimer ça. Tu vois, j'aimerais tout autant faire l'amour à un autre et me dire que rien n'est plus beau que de l'imaginer toi. Tu vois, j'adorerai faire des excursions sans que tu t'en aperçoives et prendre ta main dans une ville qui me déteste toute entière. Mais j'ai toujours un peu peur que tu prennes les vagues pour des blagues, que tu t'improvises marin et collectionneur d'écume. Tu vois, les journées ne durent jamais assez longtemps et elles veulent souvent rien dire quand on doit se bousculer avant minuit. Tu vois, j'aurai pas peur de perdre la raison si c'est pour faire semblant d'être quelqu'un de bien. J'aurai pas peur de me faire croire que j'ai pas peur, que rester debout sur une terre qui tremble c'est facile, même à moitié vivante. Tu vois j'ai un peu peur que toutes les choses qui disparaissent n'étaient pas vraiment ce qu'on voulait et qu'il fallait de toute façon les jeter. Tu vois j'ai un peu peur que nous deviner c'était déjà te perdre, que me laisser te parler c'était nous condamner au silence. Tu vois, j'ai toujours un peu peur quand tes airs d'étranger se ramènent et me serrent sur une cadence qui m'aurait presque fait aimer autrefois. 

Jeudi 1er décembre 2016 à 17:14

Quand tu prenais ton temps avant de me laisser dormir, l'appartement avait le parfum de mile vies et de trois verres de vin. Jamais rien n'avait eu une aussi belle perspective que des rêves qui resteraient le bruit d'une partition confidentielle, les molécules d'un fond de silo, d'un sous sol jamais ouvert. Il y avait de quoi avoir peur pour se laisser seize heures avant de dormir et rendre à la nuit l'amnésie de deux corps craintifs. Il fallait du courage pour te laisser le droit d'arriver plus tôt, de me traiter comme une personne qui aurait eu mile maux, et trois verres de vin avant toi. Il fallait te montrer qu'autrefois j'avais échoué, qu'il m'est arrivé aussi, mais surtout d'être l'esclave de ses larmes, de ses poings et que jamais sans honte je l'ai aimé. J'avais pourtant prévu de raccorder le temps avant que tu me laisses dormir, te dessiner les murs qui ont été le poing de départ, le point d'une entrave où demeure encore l'écueil d'une nuit agitée. Il fallait que tu t'arrêtes deux minutes, que tu me montres où s'arrête les je m'en vais, si t'es pas là après trois verres de vin. 


<< Présent | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | Passé >>

Créer un podcast